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4/22/2018
2/17/2018
Je vivrai de mépris
Je vivrai de mépris et d’alcool à 90, contrairement à tous les proverbes.
Roger Nimier, Les Enfants Tristes
7/22/2017
Si Versailles m'était conté
« On nous dit que nos rois dépensaient sans compter. Qu'ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils Mais quand ils construisaient de semblables merveilles, Ne nous mettaient-ils pas notre argent de côté ? » - Sacha Guitry, Si Versailles m'était conté...
7/01/2017
1/21/2017
Cela me donnerait ce côté humain et touchant
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François Cevert |
Roger Nimier, Les Enfants tristes
Le bonheur moderne de l'imposture
"Je suis convaincu que, pour certaines âmes,
il y a le bonheur de l'imposture. Il y a une effroyable, mais enivrante
félicité dans l'idée qu'on ment et qu'on trompe ; dans la pensée qu'on
se sait seul soi-même, et qu'on joue à la société une comédie dont elle
est la dupe, et dont on se rembourse les frais de mise en scène par
toutes les voluptés du mépris."
Jules Barbey D'Aurevilly, les Diaboliques
Jules Barbey D'Aurevilly, les Diaboliques
12/18/2016
J’aime beaucoup Nimier. C’est un jeune Français d’une qualité toute neuve
"14 février.
J’ai rencontré hier soir, chez Roger Nimier, Maria Casarès et Orson Welles. J’aime beaucoup Nimier. C’est un jeune Français d’une qualité toute neuve, tout extraordinaire. Ses écrits dans la Table Ronde, ses pages, qu'il publie dans la Table Ronde, sont coupées par son intelligence comme par un rasoir. Il a un regard aigu, il pose des problèmes dans la manière précise, rapide, définitive des Français du XVIIIe. Mais le problème posé, son intelligence toute moderne intervient, cruelle et cynique. Le problème devient sec, transparent, grinçant, comme un insecte épinglé sur la plage. De son regard aigu, fin, comme porté sur deux antennes d’insecte, tl touche les ailes, les jambes, les yeux, les poils hérissés sur Ia tête de l’insecte, cigale, papillon, sauterelle, grillon. Roger Nimier est sans doute le plus intelligent et le plus libre des jeunes Français intellectuels, et le plus vif. Il possède une qualité, qui fut un défaut chez une grande partie de la génération actuelle, en France. Il n'a pas de respect pour ce que j'appellerai la tradition de la sottise pompeuse. Je crois que, dans son for intérieur, il a déjà dépassé la rhétorique de la résistance et de la collaboration. Certes il court, lui aussi, le même danger qu'une grande partie de la jeunesse bourgeoise en France : le fascisme. Mais à la française, une manière qui n’est ni celle italienne ni celle allemande. Avec des mots moins politiques, être fasciste signifie accepter les formules de la grandeur nationale, précisément. Se rendre compte que « l’Europe glorieuse » est finie, c’est déjà une preuve de liberté, et de modernisme. L'homme ne compte pas sinon comme être humain, il ne compte pas pas comme Français. L'Italien, l’Allemand, l’Anglais. Nimier rit de tout. Il a une façon toute à lui de rire qui me fait penser à celle du croyant qui rit de l’athée... Et il est inutile de remarquer que, même en France, bon nombre d’intellectuels communistes sont des convertis de fraîche date, et des simulateurs, des hypocrites, qui ont suivi l’intérêt du moment ou a la mode."
Curzio Malaparte, "Journal d’un étranger à Paris", Denoël
8/09/2016
7/02/2016
Élégance et insolence
« En fait, presque tout le rendait heureux. Avec la promesse de l'action et la mort qui peut vous rattraper à tout moment, la vie coulait du ciel comme une cascade d'or. Chaque geste donnait du bonheur, chaque bouffée d'air était transparente, chaque baiser était du velours. »
Alberto Garlini, Les Noirs et les Rouges
5/09/2016
Imbéciles de mon pays, je vous aime
"Le nationalisme, c'est l'amour qui m'unit aux
imbéciles de mon pays, aux agresseurs de mes usages et aux profanateurs
de ma langue."
Karl Kraus, Dires et contre-dires
Karl Kraus, Dires et contre-dires
Le goût des héros
"Un
signe de notre temps : le devoir de mémoire est devenu martyrologie. Je trouve
fâcheux qu'hommage soit si peu rendu aux héros plutôt qu'aux martyrs. D'une
part, parce que la notion de martyr est en soi de mauvais goût. D'autres part,
parce que les supposés « martyrs » sont toujours inférieurs en valeur
d'exemplarité, aux « héros », aux combattants – quels qu'ils soient – aux
courageux – a quelque camp qu'ils appartiennent. Je trouve sinistre qu'à notre
époque que Pierre Brossolette soit si
oublié, qu'il n'y ait pas, à Paris, une rue Jean Prévost ou une rue du Général
Frère, chef de l'Organisation de la Résistance Armée, et mort en déportation en
1944."
Pierre Le
Vigan, Le Front du Cachalot (Dualpha, 2009)
4/05/2016
Belle comme cinq heures de l'après-midi

"Elle était belle comme cinq heures de l'après-midi en octobre"
Roger Nimier, Perfide (Gallimard, 1950)
Roger Nimier, Perfide (Gallimard, 1950)
4/03/2016
Prends ce sentier que personne n’emprunte.
« Il y a toujours une route. Les autres sont sur la plage ou la
place, à la foire ou au meeting, au cinéma ou… Ecarte-toi. Prends ce
sentier que personne n’emprunte. « Je vais me perdre ! » Te perdre où ?
Par rapport à quelle borne ? Arrête de dire des sottises. Dès que tu
seras engagé sur cette voie, c’est toi qui es la flèche et la direction.
Tu ne suis pas l’exemple. Tu es l’exemple. » Jean Cau, Le Chevalier
3/15/2016
Cette limpidité morne des étangs noirâtres,
"La bêtise est souvent l'ornement de la beauté; c'est elle qui donne aux yeux cette limpidité morne des étangs noirâtres, et ce calme huileux des mers tropicales."
Charles Baudelaire, Journaux intimes
1/23/2016
Les précieuses sont si laides
"À vrai dire, je comprends les gens qui entassent des couches de laideur
les unes sur les autres (un nez camus, des yeux à fleur de peau, voter
aux élections, porter des bottines à tige), car pendant qu’ils y sont,
ils auraient tort de se gêner."
Roger Nimier
Massification, vilain mot !
« C’était encore notre manie de jouer les Hussards : entre l’élitisme et l’éthylisme, plus très jeunes gens de trente-cinq ans, nous avions choisi le cynisme morbide de ceux qui sont condamnés par la massification. Vilain mot qui commence comme massicot et finit comme dissection mais bref, nous étions de droite rien que pour emmerder le monde qui d’ailleurs d’en fichait. »
ADG
1/13/2016
Raison assassine
"La raison est un merveilleux instrument qui ne sert qu'après coup. Un criminel tue : son avocat raisonne." Maurice Sachs, Derrière cinq barreaux
Bande à part.

Les anarchistes de droite me semblent la contribution française la plus authentique et la plus talentueuse à une certaine rébellion insolente de l’esprit européen face à la “modernité”, autrement dit l’hypocrisie bourgeoise de gauche et de droite. Leur saint patron pourrait être Barbey d’Aurévilly (Les Diaboliques), à moins que ce ne soit Molière (Tartuffe). Caractéristique dominante : en politique, ils n’appartiennent jamais à la droite modérée et honnissent les politiciens défenseurs du portefeuille et de la morale. C’est pourquoi l’on rencontre dans leur cohorte indocile des écrivains que l’on pourrait dire de gauche, comme Marcel Aymé, ou qu’il serait impossible d’étiqueter, comme Jean Anouilh.
Ils ont en commun un talent railleur et un goût du panache dont témoignent Antoine Blondin (Monsieur Jadis), Roger Nimier (Le Hussard bleu), Jean Dutourd (Les Taxis de la Marne) ou Jean Cau (Croquis de mémoire). A la façon de Georges Bernanos, ils se sont souvent querellés avec leurs maîtres à penser. On les retrouve encore, hautains, farceurs et féroces, derrière la caméra de Georges Lautner (Les Tontons flingueurs ou Le Professionnel), avec les dialogues de Michel Audiard, qui est à lui seul un archétype.
Deux parmi ces anarchistes de la plume ont
dominé en leur temps le roman noir. Sous un régime d’épais conformisme,
ils firent de leurs romans sombres ou rigolards les ultimes refuges de
la liberté de penser. Ces deux-là ont été dans les années 1980 les pères
du nouveau polar français. On les a dit enfants de Mai 68. L’un par la
main gauche, l’autre par la main droite. Passant au crible le monde
hautement immoral dans lequel il leur fallait vivre, ils ont tiré à vue
sur les pantins et parfois même sur leur copains.
À quelques années de distances, tous les
deux sont nés un 19 décembre. L’un s’appelait Jean-Patrick Manchette. Il
avait commencé comme traducteur de polars américains. Pour l’état
civil, l’autre était Alain Fournier, un nom un peu difficile à porter
quand on veut faire carrière en littérature. Il choisit donc un
pseudonyme qui avait le mérite de la nouveauté : ADG. Ces initiales ne
voulaient strictement rien dire, mais elles étaient faciles à mémoriser.
En 1971, sans se connaître, Manchette et
son cadet ADG ont publié leur premier roman dans la Série Noire. Ce fut
comme une petite révolution. D’emblée, ils venaient de donner un
terrible coup de vieux à tout un pan du polar à la française. Fini les
truands corses et les durs de Pigalle. Fini le code de l’honneur à la
Gabin. Avec eux, le roman noir se projetait dans les tortueux méandres
de la nouvelle République. L’un traitait son affaire sur le mode
ténébreux, et l’autre dans un registre ironique. Impossible après eux
d’écrire comme avant. On dit qu’ils avaient pris des leçons chez
Chandler ou Hammett. Mais ils n’avaient surtout pas oublié de lire
Céline, Michel Audiard et peut-être aussi Paul Morand. Ecriture sèche,
efficace comme une rafale bien expédiée. Plus riche en trouvailles et en
calembours chez ADG, plus aride chez Manchette.
Né en 1942, mort en 1996, Jean-Patrick Manchette publia en 1971 L’affaire N’Gustro,
directement inspirée de l’affaire Ben Barka (opposant marocain enlevé
et liquidé en 1965 avec la complicité active du pouvoir et des basses
polices). Sa connaissance des milieux gauchistes de sa folle jeunesse
accoucha d’un tableau véridique et impitoyable. Féministes freudiennes
et nymphos, intellos débiles et militants paumés. Une galerie complète
des laissés pour compte de Mai 68, auxquels Manchette ajoutait quelques
portraits hilarants de révolutionnaires tropicaux. Le personnage le
moins antipathique était le tueur, ancien de l’OAS, qui se foutait
complètement des fantasmes de ses complices occasionnels. C’était un
cynique plutôt fréquentable, mais il n’était pas de taille face aux
grands requins qui tiraient les ficelles. Il fut donc dévoré. Ce
premier roman, comme tous ceux qu’écrivit Manchette, était d’un
pessimisme intégral. Il y démontait la mécanique du monde réel. Derrière
le décor, régnaient les trois divinités de l’époque : le fric, le sexe
et le pouvoir.
Au fil de ses propres polars, ADG montra
qu’il était lui aussi un auteur au parfum, appréciant les allusions
historiques musclées. Tour cela dans un style bien identifiable,
charpenté de calembours, écrivant “ouisquie” comme Jacques Perret,
l’auteur inoubliable et provisoirement oublié de Bande à part.
Si l’on ne devait lire d’ADG qu’un seul roman, ce serait Pour venger Pépère (Gallimard),
un petit chef d’œuvre. Sous une forme ramassée, la palette adégienne y
est la plus gouailleuse. Perfection en tout, scénario rond comme un œuf,
ironie décapante, brin de poésie légère, irrespect pour les “valeurs”
avariées d’une époque corrompue. L’histoire est celle d’une
magnifique vengeance qui a pour cadre la Touraine, patrie de l’auteur.
On y voit Maître Pascal Delcroix, jeune avocat costaud et désargenté, se
lancer dans une petite guerre téméraire contre les puissants barons de
la politique locale. Hormis sa belle inconscience, il a pour soutien un
copain nommé “Machin”, journaliste droitier d’origine russe,
passablement porté sur la bouteille, et “droit comme un tirebouchon”. On
s’initie au passage à la dégustation de quelques crus de Touraine, le
petit blanc clair et odorant de Montlouis, ou le Turquant coulant comme
velours.
Point de départ, l’assassinat fortuit du
grand-père de l’avocat. Un grand-père comme on voudrait tous en avoir,
ouvrier retraité et communiste à la mode de 1870, aimant le son du
clairon et plus encore la pêche au gardon. Fier et pas dégonflé avec çà,
ce qui lui vaut d’être tué par des malfrats dûment protégés. A partir
de là on entre dans le vif du sujet, c’est à dire dans le ventre puant
d’un système faisandé, face nocturne d’un pays jadis noble et galant,
dont une certaine Sophie, blonde et gracieuse jeunes fille, semble comme
le dernier jardin ensoleillé. Rien de lugubre pourtant, contrairement
aux romans de Manchettes. Au contraire, grâce à une insolence joyeuse et
un mépris libérateur.
Au lendemain de sa mort (1er novembre 2004), ADG fit un retour inattendu avec J’ai déjà donné,
roman salué par toute la critique. Héritier de quelques siècles de
gouaille gauloise, insolente et frondeuse, ADG avait planté entre-temps
dans la panse d’une république peu recommandable les banderilles les
plus jubilatoires de l’anarchisme de droite.
Dominique Venner, article paru dans Le Spectacle du Monde le décembre 2011.
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