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6/12/2016

Erza Pound : le camp qui compte !


"Un vrai poète, un grand artiste du langage, qui cherche et invente toujours, qui composait dans sa cage de fer son chef-d’oeuvre, Les Cantos de Pise, dont ni la prison ni la vieillesse n’ont tari la verve créatrice. Ezra Pound rejoint Villon, Rabelais pourchassé, demi-clandestin, Balzac dans sa turne, Stendhal ignoré dans son trou, Nerval le vagabond pendu, Dostoïewski le forçat, Baudelaire traîné en correctionnelle, Rimbaud le voyou, Verlaine le clochard, Nietzsche publié à compte d’auteur, Joyce sans feu ni lieu, Proust cloîtré dans un garni, moribond, mais la plume en main, Brasillach écrivant ses Bijoux les chaînes aux pieds, Céline foudroyé à sa table dans son clapier du Bas-Meudon. Après tant d’exemples, comment douter que Pound est dans le bon camp, le vrai camp, le seuil qui compte, celui qui enrichit les hommes, survit dans leur mémoire?”

Lucien Rebatet à propos d’Ezra Pound



10/25/2015

Nous étions jeunes, passionnés



« Nous étions jeunes, passionnés, nous avions eu de bouillants désirs et de furieuses répugnances. L'état de notre pays nous contraignait à vivre au milieu de vieillards méchants, jaloux de notre flamme, radoteurs, affaissés, ou bien encore de blasés, de déçus. Ils s'étaient tous employés à détruire nos espoirs, casser nos élans. Nous ne pouvions échapper à leur cercle. Nous n'éprouvions plus qu'un écrasant ennui. »

Lucien Rebatet, Les Décombres

6/12/2015

L'ordre est nocturne

Nocturne en noir et or : la fusée qui retombe, de James Abbott McNeill Whistler (1874).

L'ordre est nocturne
Ses fondements toujours reposent dans la nuit
et s'enveloppent de silence.
La masse des humains ne verra pas le jour
elle est aveugle de naissance
et la suprême charité
hélas
consiste à ne troubler
le sommeil des ilotes

L'esprit de nos moyens
est au-dessus de la portée du nombre
Les maîtres de demain
seront plus maîtres que jamais

Dédicace d’Albert Caraco à Lucien Rebatet, Juin 1962

4/01/2015

Douceurs bourgeoises : une descente de lit pour la vie !


"Deux garçons se succèdent dans ma vie: le premier me chante le ciel, l'amour en Dieu, pour me lâcher à la porte d'une religion encore plus imbécile que la justice. Le second me prêche pendant un an la révolte, le massacre, et quand il a tout démoli, tout retourné, mon magnifique petit furibond me propose les douceurs bourgeoises, une descente de lit pour la vie."

Lucien Rebatet, Les Deux Etendards

3/27/2015

Voluptés du labeur ! La journée avec le troupeau est finie.

"Voluptés du labeur ! La journée avec le troupeau est finie. Le pain a été gagné. Le bon ouvrier des mots a endossé les vieux habits du vrai travail, il ouvre son col, il retrousse ses manches. Sous la lampe sage et fidèle, seul surgit des ombres l’établi : les livres en piles bousculées, le papier vierge et net, la théière, la miche de seigle, les pipes, les cigarettes étalées, vingt petites cartouches blanches pour le plus fort du combat. Huit heures devant soi jusqu’au terme de la nuit, vaste et appétissante tranche de temps, huit heures où l’on ajoutera peut-être une phrase, une page même à la littérature française. La mansarde est chaude. Les autres sont à leurs femmes, à la musique, aux spectacles. Mais l’écrivain à sa tâche peut mépriser les plus nobles plaisirs. Savoureuse solitude, apprêts délectables."
 
 
Les Deux Étendards - Lucien Rebatet

11/21/2014

Deux attitudes, nous déclarer pour l’anarchie ou pour l’aristocratie

Club Roger Nimier


"Nous autres, ne pouvons avoir le choix qu’entre deux attitudes, nous déclarer pour l’anarchie ou pour l’aristocratie. Elles abhorrent l’une et l’autre la fiente égalitaire. Je professerais volontiers que le régime le plus propice à l’épanouissent de notre espèce à nous et à l’accomplissement de son oeuvre, seuls buts qui nous importent, serait celui d’un despotisme vigoureux et éclairé. Je suis d’ailleurs convaincu qu’il est purement utopique de l’espérer d’ici longtemps, et ce n’est pas mon affaire d’y travailler. Régis, lui, arrive à être catholique et démocrate. Car ses penchants pour l’Action Française ne me leurrent point. J’ai aperçu les individus de sa secte : la démocratie est leur raison d’être, ils y collent comme la sangsue, ils en promènent sur eux les relents nauséabonds. Il suffit d’ailleurs de dire catholique pour dire : démocratie. Qui a trempé dans la fange du fraternitarisme évangélique et n’a pas éprouvé le besoin de s’en laver à grands seaux dès l’âge de raison, celui-là se fait citoyen de l’universelle démocrasouille : entendons par là, le gigantesque parti des intestins, des boy-scouts, de Lourdes, de Wilson-les-couilles-gelées, des séminaristes à bérets, des quakeresses du Kansas. La démocratie, c’est la barbarie, au sens romain du mot."

Lucien Rebatet, Les Deux Etendards

9/23/2014

Il y a encore des forces magnifiques


Le Club Roger Nimier historique

"Je vois notre art brûler dangereusement les étapes, tout essayer sans en tirer les conséquences, courir tout droit à une impasse. Je pense souvent, et je ne suis pas le seul, que tout est fichu, que toutes les agrégations possibles ont été employées, qu’il n’y a plus d’avenir que pour la fausse note systématique ou le contrepoint détérioré, un triste avenir ! Mais voilà vos partitions. Et je me dis que je ne suis qu’une vieille bête, qu’il y a encore des forces magnifiques, pour secouer les barreaux, trouver la grande issue, qu’il y en a toujours eu, qu’il y en aura toujours."


Lucien Rebatet, Les épis Mûrs

9/22/2014

La voix des autres


Le Club qui ose Roger Nimier
“Hélas ! Toujours la voix des autres pour chanter vos plus belles fièvres.”
            
Lucien Rebatet