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6/12/2015

L'ordre est nocturne

Nocturne en noir et or : la fusée qui retombe, de James Abbott McNeill Whistler (1874).

L'ordre est nocturne
Ses fondements toujours reposent dans la nuit
et s'enveloppent de silence.
La masse des humains ne verra pas le jour
elle est aveugle de naissance
et la suprême charité
hélas
consiste à ne troubler
le sommeil des ilotes

L'esprit de nos moyens
est au-dessus de la portée du nombre
Les maîtres de demain
seront plus maîtres que jamais

Dédicace d’Albert Caraco à Lucien Rebatet, Juin 1962

1/02/2015

Les villes sont les écoles de la mort,



“Les villes, que nous habitons, sont les écoles de la mort, parce qu’elles sont inhumaines. Chacune est devenue le carrefour de la rumeur et du relent, chacune devenant un chaos d’édifices, où nous nous entassons par millions, en perdant nos raisons de vivre. Malheureux sans remède nous nous sentons bon grè mal grè engagés le long du labyrinthe de l’absurde et nous n’en sortirons que morts, car notre destinée est de multiplier toujours, à seule fin de périr innombrables. A chaque tour de roue, le prix des terrains monte et dans le labyrinthe engloutissant l’espace libre, le revenu du placement élève, au jour le jour, un cent de murs. Car il est nécessaire que l’argent travaille et que les villes, que nous habitons, avancent, il est encore légitime qu’à chaque génération, leurs maisons doublent d’altitude et l’eau vînt-elle à leur manquer un jour sur deux. Les bâtisseurs n’aspirent qu’à se soustraire à la destinée, qu’ils nous préparent, en allant vivre à la campagne.”

Albert Caraco, Bréviaire du chaos, édition l’Age d’homme, Lausanne, 1999

9/02/2014

Les grands hommes sont la seule lueur dans les bois.

 

« Je n’ai aucune foi dans le "progrès", ni dans la "modernité", ni dans la "bonté de l’homme". Au contraire, je suis un démolisseur de ces mythes. Je n'aime que les grands hommes, car ils sont la seule lueur dans les bois.»

Albert Caraco, Ma confession

9/01/2014

Le monde se fera toujours plus dur



« Le monde, que nous habitons, est dur, froid, sombre, injuste et méthodique, ses gouvernants sont ou des imbéciles pathétiques ou de profonds scélérats, aucun n'est plus à la mesure de cet âge, nous sommes dépassés, que nous soyons petits ou grands, la légitimité paraît inconcevable et le pouvoir n'est qu'un pouvoir de fait, un pis-aller auquel on se résigne. Si l'on exterminait, de pôle en pôle, toutes les classes dominantes, rien ne serait changé, l'ordre instauré voilà cinquante siècles n'en serait même pas ému, la marche à la mort ne s'arrêterait plus un seul jour et les rebelles triomphants n'auraient plus que le choix d'être les légataires des traditions caduques et des impératifs absurdes. La farce est terminée, la tragédie commence, le monde se fera toujours plus dur, plus froid, plus sombre et plus injuste, et malgré le chaos envahissant, toujours plus méthodique : c'est même l'alliance de l'esprit de système et du désordre qui me paraît son caractère le moins contestable, jamais il ne se verra plus de discipline et plus d'absurdité, plus de calcul et plus de paradoxes, enfin plus de problèmes résolus, mais résolus en pure perte. »

Albert Caraco, Bréviaire du chaos, L'Âge d'Homme