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7/01/2017

L’homme n’est qu’un prétexte, un godemiché !


« Tout ce que je vois, tout ce que j’entends dire des jeunes femmes actuelles est terrifiant. Ce sont de petits animaux indomptables, violents, capables de tout, passant d’un mâle à l’autre, au hasard d’une piscine ou d’un lavabo. Vous suçant et vous montant dessus n’importe où. Dans ma jeunesse, rares étaient les femmes qui suçaient ; même dans les bordels, les prostituées ne suçaient pas ; à Toulon, il fallait aller dans des boîtes où des putains de la plus basse catégorie s’y prêtaient. Et rares, aussi, les femmes qui vous grimpaient dessus d’elles-mêmes sans être sollicitées. Ces accouplements de sorcières, elles le pratiquent maintenant couramment, comme les hindous se servent du lingam de bois laqué, dans les temples civaïstes. L’homme n’est qu’un prétexte, un godemiché ! »

Paul Morand, Correspondance avec Jacques Chardonne (27 septembre 1962)


Rendez-vous


« Quand on fixe une heure à une femme, c'est sans y croire, c'est plutôt une heure qu'on se fixe à soi-même : on se dit qu'on aura à souffrir qu'à partir de ce moment-là. Voilà la vertu consolatrice du rendez-vous, du rendez-vous auquel elles ne se rendent pas. » - Paul Morand, L'homme pressé

4/03/2016

Aujourd’hui, le prince est pauvre, ruiné, exproprié,


« Sur le bord de la route, un motocycliste me fait des signaux de détresse. Casqué de cuir, il ressemble à un soldat romain égaré dans le pays de Germanicus et qui aurait perdu sa légion. – Panne d’essence, me dit-il. – Pourriez-vous me prêter un bidon ? Sinon je vais manquer l’ouverture du Götterdämmerung, ajoute d’une voix angoissée ce motocycliste mélomane.
Il est si sale, si fatigué, si poli, son “outil” est si vieux, si réparé, que je m’attendris et que j’ouvre mon réservoir. Qui dira encore que les musiciens ne s’aiment pas ? Je me dois d’aider l’Allemagne, sinon par des crédits, du moins par du carburant… Mais voilà que l’homme ôte son casque, essuie sa figure ! Je reconnais le prince W.
Il y a quinze ans, W. était le diplomate le plus élégant de Londres. Conseiller de l’ambassade de Russie, uniforme de la noblesse, toque de zibeline, croix de Saint-André avec brillants, loge à Covent Garden, etc. Aujourd’hui, le prince W. est pauvre, ruiné, exproprié, mais il est resté amateur de Wagner ; l’été, il voyage à pied, ou bien, quand il a gagné quelque argent dans les fermes, il s’achète une bicyclette ou une vieille moto. »
Paul Morand

8/14/2015

Dimanche, jour de la jeunesse

 
Roland Garros 1941



« Dimanche, jour de la jeunesse ; que les orateurs politiques se taisent ; que le bistrot enferme dans son placard ses ignobles apéritifs ; que les cafés-chantants aèrent leur atmosphère empestée ; dimanche, jour des éléments sacrés, de l’eau, du soleil et de l’oxygène, plein du heurt des crosses, du galop des chevaux, de foulée ouverte des coureurs, des coups de sifflets de goal, du choc de la balle sur la raquette, du clapotement des piscines, de l’extension de nos muscles et de la dilatation de nos poumons. »

Paul Morand, Éloge du repos

3/13/2015

Les Hussards naissent armés




Très tôt, Paul Morand et Jacques Chardonne ont compris qu'ils écrivaient ensemble leur grand œuvre. Dès 1957, ils rêvaient à la postérité offerte par cette correspondance. À travers leur amitié, deux univers et deux caractères s'affrontent : le cosmopolitisme face au microcosme, la vitesse flamboyante face à la concision lumineuse. Si leur style se change parfois en arme lourde et néfaste, le plus souvent les lames sont fines et étincelantes. Morand a la tenue noble du cavalier au sabre, dans une armure ciselée de mots qui brillent de mille feux. En bon Charentais, Chardonne excelle dans la botte de Jarnac et ses phrases courtes de moraliste font souvent mouche. Le sage Chardonne, chirurgien du cœur, reste immobile dans son jardin de La Frette, tandis que l'ardent Morand ne s'arrête jamais, décapoté, de Vevey à Tanger en passant par le Portugal. Après les années noires de la guerre, c'est un bain de jouvence.

Les Hussards naissent armés, comme Athéna, de ce couple improbable. Sous leur plume s'anime toute une génération de jeunes écrivains : Nimier, Frank, Blondin, Sagan, Laurent, Déon, Nourissier, tandis que Cocteau, Mauriac ou Malraux paradent. Morand et Chardonne, qui ne renient rien de leurs engagements, se tiennent en embuscade. Deux fois Morand échoue à l'Académie française, malgré les stratégies de Chardonne. Aux lectures au long cours – Chateaubriand, Proust, ou le Journal des Goncourt – se mêlent les commentaires des événements de Suez et de Budapest, de la guerre d'Algérie ou de la politique de celui qu'ils surnomment «Gaulle».
La date de l'an 2000, à laquelle leur correspondance pourrait être divulgée, revient souvent comme l'horizon de l'immortalité. Si l'on parle encore d'eux au XXIe siècle, pour Morand, la partie est gagnée : «Nos lettres pourraient être publiées, en l'an 2000, sous le titre Après nous le déluge, non?».

1/31/2015

La part la plus excitante de leur beauté



"N'est-ce pas la part la plus excitante de leur beauté, cette fatigue amoureuse qui vitre et cerne leurs yeux et leur durcit un peu le visage." 

Paul Morand

12/02/2014

Le risque est beau

Club Roger Nimier


« Le risque est beau : pas de grandes pensées, pas de sublimes actions sans lui »

Paul Morand

9/06/2014

Il faut être couché pour voir le ciel


Club Roger Nimier


"Le lit, c'est le champ de l'esprit délivré de la pesanteur. Il faut être couché pour voir le ciel."

Paul Morand, L'heure qu'il est