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10/21/2015

Des prétentions trop courantes

Club Roger Nimier



La santé, l’argent, l’amour sont des prétentions trop courantes. Retranché derrière son pupitre, Quentin voyait l’humanité sous la forme d’un troupeau interchangeable, dont les individus ne tiraient leur singularité que des manies les plus futiles.
Antoine Blondin, Un singe en Hiver

9/17/2015

Ils pensent … Souscrivez !


“Sous l’occupation, les cafés intellectuels, parmi lesquels le Flore jouait un rôle prépondérant, étaient tendus de lourds rideaux bleus qui permettaient d’abriter quelque besogne insolite et grandiose. Un beau jour, les rideaux s’écartèrent et l’on vit surgir, tout armés, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, bientôt flanqués d’un état-major doté d’un tour de tête respectable. « Ils pensent … Souscrivez ! » s’écrièrent les limonadiers. Après Passy, la province puis l’étranger vinrent coller leurs nez aux vitres. Ce qu’ils virent fut bien propre à les enchanter. Un agrégé replet et une amazone exemplaire troussaient des concepts en toute simplicité, à deux pas du croquant, comme on fabrique des gaufres. Jamais la métaphysique ne parut plus accessible. Peut-être, était-on « existentialiste » sans le savoir ? Une certaine jeunesse d’après-guerre trouva là une caution à ses débordements.”

Antoine Blondin

9/01/2015

L’amour en demi-pension




"Sur la nappe, à peine desservie, son rond de serviette, anneau patiemment conquis, plus subtil qu’une alliance, lui rappelait que l’amour est un demi-pensionnaire."

Antoine Blondin, Monsieur Jadis ou L'École du soir

8/10/2015

Rentrant à l’hôtel

« Rentrant à l’hôtel, je déclarai à Odile :
– J’ai découvert le drame de l’Espagne.
– Ah ! oui, fit-elle en riant. Puis, plus grave : c’est la misère, bien sûr, la misère des hommes et des chiens.
– C’est aussi que la nuit n’existe pas.
– En Espagne ! Es-tu fou ? Voilà au contraire un pays à tes mesures : sur la Castellana, durant toute l’année, on se croirait en plein jour, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
– Justement.
Elle passa sous la douche. Je renonçai à lui expliquer combien sur la Castellana, ou dans ces tranchées étincelantes que la population la plus quotidienne, renaissant aux étoiles, sillonnait sans fin, j’aurais donné cher pour éprouver une parcelle de l’orgueil des veilleurs solitaires dans les villes endormies et l’humeur complice d’une ronde de nuit.
De même que l’érotisme est absent des plages où tout le monde est nu, le noctambulisme avait les jambes coupées sur ces promenades où l’on pouvait croiser, au-delà de minuit, des nourrissons vêtus comme des infantes.
Un liftier salace m’ayant promis chez Chicote, sur la Gran Via, de pittoresques conciles de putains, je n’avais vu que des duègnes, enrobées de voiles taillées dans des moustiquaires, occupées à hennir devant un chocolat de onze heures et une centaine de notaires présumés reconnaissables à leur complets noirs, qui se donnaient des bourrades sur l’épaule en pensant à autre chose. Les filles, elles, quand s’allumaient les feux du crépuscule, se retranchaient par discrétion de ces soirées qui tournaient sans heurts au réveillon de famille.
Ici, j’étais frustré d’une certaine émotion qui s’attache à la nuit, et qui ne tient peut-être que dans une recherche de la face cachée de la vie.

En désespoir de cause, je m’essayai à mener l’existence extravagante d’un diurnambule, adoptant un décalage horaire qui m’écartât des parcours concertés. Levé à sept heures du matin, quand les autres se couchaient, je me couchais à neuf heures du soir quand la ville s’éveillait. L’après-midi, sitôt qu’Odile s’allongeait pour la sieste (car je récusais désormais les excursions à travers la Castille), je m’évadais par des rues livrées à une solitude éblouissante, persuadé que ce décor dépouillé du conformisme nocturne devait libérer un visage secret de la clandestinité du soleil au zénith. La marée basse allait agir comme un révélateur sur ces plages brûlées. J’espérais voir surgir le fantastique dans les tavernes englouties plutôt que dans les palais.
Mes rapines furent maigres. Sous la clarté naturelle, les volets fermés qui recouvrent tant de romans dans les ténèbres me parurent maussades, comme une fin de non-recevoir, et les ombres portées d’une qualité plus vulgaire que celles produites par les réverbères. Aucune ne cherchait à en rejoindre une autre jusqu’à se confondre, ainsi qu’il arrive au clair de lune. Elles ne jouaient qu’un rôle accessoire que le théâtre des murs et des trottoirs, écrasées par la réalité des personnages sans mystère qui les avaient créées et qui semblaient n’avoir d’autre idée en tête que de se fuir. Tout cela n’était guère propice à susciter un univers en marge. Je soulevais beaucoup de poussière pour rien.
Finalement, je passais mon temps dans les boîtes de jour, d’une banalité fastidieuse. L’image d’un café pour hommes seuls, où des messieurs à moustaches courtes, chauves et mamelus, qui ressemblaient tous au général Franco, ruminaient en vitrine devant un verre d’eau glacée, couronna mes explorations. »

Antoine Blondin, Monsieur Jadis ou L’Ecole du Soir, III

8/09/2015

J’envisage la rive droite de loin



« J’envisage la rive droite de loin. Je ne traverse jamais le boulevard Saint-Germain, sauf pour aller à Tokyo. »

Antoine Blondin, Monsieur Jadis


2/11/2015

Un pur trouve toujours un plus pur qui l'épure



"Ils nous font passer pour des écrivains de droite pour faire croire qu'il existe des écrivains de gauche."
 
Antoine Blondin

9/17/2014

La beauté des foudres accumulées



« Le sprint va vite, c’est bien connu, mais il se mitonne lentement, il a la beauté des foudres accumulées. »

Antoine Blondin, L’Ironie du sport

9/10/2014

On méprise



"Albert : Adressez-vous à l’Intendance, nous on paye plus ! On ne connaît plus, on ne salue plus !
Gabriel : On méprise !"

Antoine Blondin,  Un singe en hiver

7/29/2014

L'idéal, c'est de vivre

Le Colonel Chabert et le maréchal Murat emmène l’une des plus grosses charges de cavalerie de l’histoire militaire (12000 hommes et chevaux) lors de la bataille d’Eylau.

"Comprenons-nous, mes enfants, il n'y a pas un idéal qui vaille la mort d'un homme, parce que l'idéal, c'est de vivre."

Antoine Blondin, L'Europe buissonnière


6/10/2014

Un jour, nous prendrons des trains qui partent.


« C’est la nuit maintenant, manteau des déracinés. Sous la veilleuse qui veille quoi, la religieuse se prend à égrener son chapelet, le monsieur décoré se déchausse en douce, le pêcheur remaille son filet, le vieux jockey se sent le derrière entre deux selles, les archiducs s’endorment au garde-à-vous, Dolorès achève des lainages pour ses enfants qu’elle n’achève pas…et moi, j’attends que les communications soient rétablies entre les êtres.
Un jour peut-être, nous abattrons les cloisons de notre prison ; nous parlerons à des gens qui nous répondrons ; le malentendu se dissipera entre les vivants ; les morts n’auront plus de secrets pour nous.
Un jour, nous prendrons des trains qui partent. »





Antoine Blondin. 

5/21/2014

Le Club Roger Nimier canal historique

"À côté d'autres manifestations, nous étions quatre à créer une sorte de club : Roger Nimier, Jacques Laurent, Michel Déon et moi."

Antoine Blondin

6/07/2013