Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Antonin Artaud. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Antonin Artaud. Afficher tous les articles

10/06/2015

Tous les corps sont repus




"Les gens sont bêtes. La littérature vidée. Il n’y a plus rien ni personne, l’âme est insane, il n’y a plus d’amour, plus même de haine, tous les corps sont repus, les consciences résignées. Il n’y a même plus l’inquiétude qui a passé dans le vide des os, il n’y a plus qu’une immense satisfaction d’inertes, de bœufs d’âme, de serfs de l’imbécillité qui les opprime et avec laquelle ils ne cessent nuit et jour de copuler, de serfs aussi plats que cette lettre où j’essaie de manifester mon exaspération contre une vie menée par une bande d’insipides qui ont voulu à tous imposer leur haine de la poésie."

Antonin Artaud, 1945

10/21/2014

Jamais on n'a autant parlé de civilisation et de culture

Club Roger Nimier



« Jamais, quand c'est la vie elle-même qui s'en va, on n'a autant parlé de civilisation et de culture. Et il y a un étrange parallélisme entre cet effondrement généralisé de la vie qui est à la base de la démoralisation actuelle et le souci d'une culture qui n'a jamais coïncidé avec la vie, et qui est faite pour régenter la vie. Avant d'en revenir à la culture, je considère que le monde a faim, et qu'il ne se soucie pas de la culture ; et que c'est artificiellement que l'on veut ramener vers la culture des pensées qui ne sont tournées que vers la faim. Le plus urgent ne me paraît pas tant de défendre une culture dont l’existence n’a jamais sauvé un homme du souci de mieux vivre et d’avoir faim, que d’extraire de ce que l’on appelle la culture, des idées dont la force vivante est identique à celle de la faim. »
Antonin Artaud - Le théâtre et son double, préface (1938)